Press release
Paris, le 18 février 2026 – L’AmCham France (Chambre de Commerce Américaine en France) et Bain & Company dévoilent aujourd’hui les résultats de la 26e édition du Baromètre AmCham–Bain, référence depuis plus de vingt-cinq ans pour mesurer le moral des investisseurs américains en France et leur perception de l’attractivité du pays et de son environnement économique. Réalisée auprès de dirigeants de filiales de groupes américains représentant plus de 150 000 emplois et près de 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, cette nouvelle édition met en évidence une perception qui demeure à un niveau historiquement bas, dans un contexte national et international marqué par une très grande incertitude politique et géopolitique.
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Un pessimisme économique durable qui influence les décisions d’investissement
Plus d’un investisseur sur deux (55 %) estime que la situation économique française s’est dégradée au cours de l’année écoulée (+ 9 points par rapport à l’an dernier). À horizon deux à trois ans, 41 % anticipent une nouvelle dégradation, tandis que seuls 17 % prévoient une amélioration, le taux le plus bas observé depuis dix ans. Ce climat de prudence, voire de pessimisme, commence à se traduire concrètement dans les arbitrages d’investissement : la part des répondants qui estiment que le contexte macroéconomique a un impact négatif sur leurs projets en France double en un an, passant de 15 % à 35 %. Ces arbitrages se reflètent également dans les décisions en matière d’emploi. 28 % des investisseurs prévoient une baisse de leurs effectifs, en progression par rapport à l’an dernier, tandis que 54 % des entreprises anticipent des effectifs stables, traduisant un attentisme généralisé. Seuls 18 % envisagent des créations de postes ciblées, principalement liées à la croissance de secteurs tels que l’aéronautique et la défense ou à des opérations récentes d’acquisition.
Instabilité politique et manque de visibilité : des freins majeurs à l’attractivité
L’environnement politique et institutionnel apparaît comme un facteur central de fragilisation de l’attractivité française. 94 % des investisseurs estiment qu’il présente des risques pour l’année à venir, et 77 % déclarent ne pas avoir confiance dans la capacité du gouvernement à engager, avant les prochaines échéances électorales, les réformes structurelles jugées nécessaires. Les incertitudes autour de la trajectoire budgétaire, la crainte d’ajustements fiscaux insuffisamment lisibles, ainsi que la complexité réglementaire, alimentent un climat de prudence généralisée, qui se traduit davantage par des reports ou des arbitrages d’investissement que par des retraits massifs. À l’international, les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Europe constituent un facteur supplémentaire d’instabilité. Plus d’un investisseur sur deux estime qu’elles ont déjà un impact négatif sur leurs activités en France, notamment à travers les chaînes d’approvisionnement et le coût des matières premières.
France vs Europe : une concurrence renforcée
Pour les investisseurs américains, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne apparaissent désormais comme les principaux concurrents de la France. Les investisseurs soulignent la solidité du tissu industriel allemand. L’Italie progresse, soutenue par une perception améliorée de sa stabilité et par la taille de son marché, tandis que l’Espagne bénéficie d’une croissance plus dynamique et d’une trajectoire budgétaire jugée favorable. Sur les critères de coûts et de fiscalité, l’Irlande, le Luxembourg et la Suisse demeurent les destinations les plus attractives. En matière de capital humain, l’Allemagne et le Royaume-Uni restent des références, tandis que l’Espagne gagne du terrain.
Si la France conserve l’image d’une économie diversifiée et stratégiquement positionnée au cœur de l’Europe, elle apparaît pénalisée par un environnement politique et budgétaire moins stable et moins lisible que celui de certains de ses voisins.
Des fragilités structurelles persistantes
Les investisseurs identifient de manière récurrente plusieurs freins à l’attractivité de la France. Le niveau de fiscalité jugé élevé et peu prévisible, la lourdeur administrative et réglementaire, le coût global de la main-d’œuvre, la rigidité du droit du travail, ainsi que la stabilité politique et le climat social figurent parmi les principaux irritants cités. Ces facteurs pèsent sur l’image du pays auprès des maisons-mères : seuls 30 % des répondants jugent aujourd’hui la perception de la France bonne ou excellente, soit un recul de 34 points en quatre ans.
L’attractivité de la France pour les talents internationaux s’en ressent également, avec un Net Promoter Score (NPS) négatif à -7 %. La fiscalité des particuliers demeure le premier irritant, devant l’instabilité politique et le climat social. Dans ce contexte, 90 % des investisseurs estiment que l’amélioration de l’attractivité française passe prioritairement par des réformes structurelles, au premier rang desquelles figurent la simplification administrative et la réduction des charges fiscales et sociales. Ces constats se reflètent dans le NPS de la France comme destination d’investissement, qui demeure fortement négatif à -36 %, malgré une légère amélioration sur un an.
Des atouts français qui demeurent reconnus
Malgré ce contexte dégradé, la France conserve des forces largement reconnues par les investisseurs américains. Son écosystème d’innovation est jugé positif ou très positif par 77 % des répondants. Les investisseurs saluent notamment la qualification de la main-d’œuvre, en particulier des ingénieurs, la qualité des infrastructures technologiques et de recherche, ainsi que la capacité du pays à faire émerger des projets innovants.
À ces atouts s’ajoutent un système de formation professionnelle bien perçu (66 % d’opinions positives ou très positives), la qualité des infrastructures et la qualité de vie, qui continuent de positionner la France comme une destination d’investissement de long terme.
Attractivité des régions : des dynamiques contrastées
L’attractivité des territoires joue un rôle croissant dans les décisions d’implantation. L’Île-de-France concentre toujours l’essentiel des implantations (82 %), devant Auvergne-Rhône-Alpes (35 %), les Hauts-de-France (20 %), Provence-Alpes-Côte d’Azur (16 %) et le Grand Est (14 %). Si les dynamiques territoriales diffèrent, les leviers identifiés sont largement communs : localisation, dynamisme économique, infrastructures et disponibilité de la main-d’œuvre. Les politiques régionales apparaissent également différenciantes, avec un niveau de satisfaction particulièrement élevé dans les Hauts-de-France et le Grand Est (61 % chacun), devant Auvergne-Rhône-Alpes (52 %).
« Le pessimisme exprimé cette année traduit avant tout un besoin accru de visibilité. Les investisseurs américains restent attachés à la France, à son marché, à ses talents et à sa capacité d’innovation, mais attendent un cadre plus lisible pour se projeter. Restaurer la confiance passe par des décisions rapides, concrètes et lisibles en matière de stabilité politique, de simplification administrative et de compétitivité. Si ces conditions sont réunies, la France peut renouer avec une dynamique d’investissement durable », précise Marc-André Kamel, Senior Partner chez Bain & Company et Vice-Président de l’AmCham France
« Les résultats de ce Baromètre sont le reflet des préoccupations et des enjeux terrains dont nous font part nos entreprises. Nous allons continuer à entretenir un dialogue constructif avec les pouvoirs publics et l’ensemble des parties prenantes pour préserver l’attractivité française sur la base des cinq recommandations que nous formulons » Mickaël Locoh, Président de l’AmCham France et Vice President Southern Europe & Africa de Steelcase
Les cinq recommandations de l’AmCham :
- Sécuriser l’attractivité du marché français dans un contexte politique et géopolitique bouleversé en affichant par exemple, un cap économique clair et trans-partisan.
- Rétablir la confiance par un véritable choc de simplification administrative. L’aboutissement du projet de loi Simplification et le lancement d’un programme pluriannuel de simplification seraient des signaux forts.
- Restaurer la compétitivité au travers d’une fiscalité allégée, plus lisible et prévisible.
- Repositionner la transition écologique comme un levier différenciant de compétitivité française.
- Capitaliser sur l’excellence du système de formation français et mieux retenir les talents en accélérant par exemple l’adaptation des formations initiales et continues aux métiers d’avenir.
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À propos de l’AmCham en France
Fondée en 1894, l’AmCham France promeut les échanges économiques entre la France et les États-Unis. Elle réunit plus de 200 entreprises et partenaires engagés dans la relation transatlantique. Indépendante de tout gouvernement, elle agit comme un pont entre les sphères politique, économique et académique, et porte des propositions pour relever les grands défis sociétaux et renforcer l’attractivité de la France. L’AmCham œuvre auprès des décideurs pour favoriser un environnement propice aux entreprises internationales, en particulier américaines, premiers investisseurs et employeurs étrangers en France. https://amchamfrance.org/ - LinkedIn - X
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